Partager l'article ! Chercher, trouver ... et après ?: Vous connaissez certainement l’annuaire téléphonique de France Telecom, avec ses pages blanches et ses pag ...
Vous connaissez certainement l’annuaire téléphonique de France Telecom, avec ses pages blanches et ses pages jaunes. Progrès technique oblige, on peut le consulter aussi à partir d’internet, sur
le site appelé pagesjaunes.fr. Il m’arrive de l’utiliser, et c’est pratique : on tape le nom, la ville, et on clique « chercher ». Tout ça pour vous dire qu’un petit changement a eu lieu sur le
site, et qu’il a retenu mon attention. Depuis quelques temps, on ne clique plus « chercher » mais « trouver ». Le site propose ainsi non plus seulement la démarche de la recherche, mais il veut
répondre par son résultat. Je ne suis pas envoyé par France Telecom pour faire la promotion de son produit, mais je vous propose en fait cette image pour aiguiser notre écoute de la Parole de
Dieu proclamée aujourd’hui, où il est question de chercher et de trouver. Retenons au départ cette nuance : « chercher » correspond à une démarche, et « trouver » à un résultat.
Venons-en donc à l’Evangile. A la rencontre de Jésus, les disciples s’entendent poser cette question : « que cherchez-vous ? » Question peut-être embarrassante, à laquelle chacun de nous ne
répondrait peut-être pas spontanément. Les deux disciples répondent d’ailleurs eux-mêmes par une autre question. Ils semblent chercher le repère de la demeure de Jésus, et ils se retrouvent
invités à venir et voir, ce qu’ils font. Quelle est notre attitude face au Christ qui demande « que cherchez-vous ? » Prenons le temps de nous laisser interroger… « Qu’est-ce que je cherche ? »
Cherchons-nous ou sommes-nous de simples fidèles d’une tradition, d’une manière de vivre avec ses rites et ses lois ? Jésus appelle à venir et voir, il appelle donc à se déplacer. Comme le petit
Samuel, nous pouvons d’abord chercher à tâtons, selon nos premiers repères. Puis nous pouvons apprendre à chercher ailleurs, autrement que nous pensions, en nous laissant guider par un autre, tel
Eli pour Samuel, Jean Baptiste pour André et son compagnon... En fin de compte, allons-nous vers Jésus qui se donne à connaître, ou restons-nous dans notre savoir suffisant ? C’est une première
question.
Je vous en propose une deuxième. Si nous avons déjà avancé à la rencontre du Christ, qu’avons-nous vu ? Je ne suis pas entrain de vous parler de vision ou d’apparition. Mais nous, aujourd’hui,
qui croyons que Jésus Ressuscité est bien vivant, que voyons-nous de lui, de sa demeure parmi nous que nous avons célébrée à Noël ?
Car André, l’un des deux premiers disciples à venir chez Jésus, a vu et il a même, ainsi, pu trouver. Il le dit à son frère Simon. André partage à son frère ce qu’il a trouvé, en le lui disant et
en lui faisant rencontrer celui qu’il a trouvé : « le Messie ». Et si nous recevions, aujourd’hui, comme critère d’authenticité de notre recherche, l’affirmation personnelle et communicante
d’avoir trouvé ? Rappelons-nous l’exemple des pages jaunes qui nous disent, d’un point de vue technique, que l’efficacité de la recherche s’authentifie dans la trouvaille. Chercher amène à
trouver. Au delà du clic facile, laissons-nous donc entraîner par André à aboutir à une troisième question : que faisons-nous de ce que nous sommes allés voir auprès de Jésus ? Osons-nous
affirmer à notre tour « nous avons trouvé le Messie » ? Osons-nous partager notre trouvaille à notre frère, comme André amène son frère Simon à Jésus ?
Dans le premier temps de la mission durant l’Avent, nous avons voulu rencontrer, par le Christ, Dieu, qui vient à nous, et l'homme, comme un frère. Nous nous sommes disposés à l’écoute de sa
Parole. Nous avons été rassemblés pour le célébrer dans l’eucharistie. Nous avons accueilli des missionnaires, venus nous aider à connaître davantage Jésus, comme Jean Baptiste a dit à ses
disciples « voici l’Agneau de Dieu ». Il nous reste à partager nos trouvailles. Un deuxième temps de la mission va venir, durant le Carême. Ensemble, osons aller partager nos trouvailles à ceux
que nous reconnaissons comme nos frères. Nous pourrons alors leur offrir la possibilité de rencontrer celui qui nous fait vivre, le Christ, et que nous célébrons déjà maintenant. Rassemblés par
le Christ comme son corps pour recevoir le pain de vie, partons comme son corps offrir au monde la joie de son amour reçu.
En cette Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié, pourquoi ne pas oser même envisager une attention d’Evangile renouvelée, auprès des personnes en situation de migration et de refuge chez nous
? Demandons-en la grâce au Seigneur, pour l’Eglise paroissiale Sainte Blandine que nous formons, et qui est auprès des habitants du Val de l’Aurence et de Landouge.
Frédéric Pellefigue cm,
samedi 14 janvier 2012